Les utilisations de SHARE dans la vie courante

Alors que SHARE est avant tout un outil pour la science, de nombreuses conclusions de l’enquête ont des implications politiques fortes, beaucoup d'entre elles étant controversées dans la plupart des États membres, telles que des règles plus strictes visant l'assurance-invalidité ou une stricte gestion des voies de retraite anticipée. SHARE vise à fonder de telles controverses sur des preuves plutôt que des préjugés et a en ce sens réussi à fournir une aide factuelle pour l'élaboration des politiques tant au niveau de l'Union qu'au niveau des États membres. Trois exemples peuvent être cités pour illustrer cette inspiration :

  1. La Direction Générale (DG) Economique et financière (ECOFIN) a utilisé les données de SHARE pour ajouter des détails dans ses projections de long terme des dépenses de retraite et de soins de santé. Ces données détaillées incluent l'utilisation des services de santé, la morbidité par âge et par années avant la mort, et la propension de retraite par âge et par niveau de santé. Alors que SHARE ne couvre pas l'ensemble des 27 Etats membres, les données permettent d'estimer des taux d'incidence, de prévalence et les paramètres de comportement qui se différencient par grandes régions européennes.

  2. La DG Santé et consommateurs (DG SANCO) utilise SHARE pour leur série d'indicateurs, y compris la situation démographique et socio-économique (par exemple, l'inégalité des revenus); l'état de santé (p.e., l'incidence du cancer); les déterminants de la santé (p.e., la consommation de fruits) et les services de santé (p.e., la couverture d'assurance), afin d'analyser les facteurs de risque qui sont importants en fonction du type de groupe et si ceux-ci diffèrent des facteurs de risque importants pour la population en général. La DG SANCO utilise des données sur les déterminants socio-économiques des inégalités de santé afin d’élaborer des politiques ciblées et des méthodes et approches spécialisées qui traitent des risques pour la santé des personnes les plus à risque.

  3. La politique de la DG Emploi, affaires sociales et inclusion (DG EMPL) sur le vieillissement actif, soulignée au cours de l’Année Européenne du Vieillissement Actif et de la Solidarité intergénérationnelle (2012), est basée sur de nombreuses conclusions de SHARE. Son récent rapport sur les développements sociaux d’emploi en Europe, par exemple, insiste sur l'importance de la prévention santé et la qualité du lieu de travail pour favoriser la participation au marché du travail à un âge avancé. Les données sur ces thèmes transversaux (santé - qualité de lieu de travail - participation au marché du travail) est devenue possible grâce à la pluridisciplinarité des données de SHARE.


A l'échelon des Etats membres :

  1. En République tchèque, une nouvelle loi sur les soins de longue durée spécifie une liste d'activités (mobilité, communication, orientation, nutrition, habillage, hygiène, etc.) pour lesquelles une personne a besoin d'aide et peut avoir droit au service social fourni par le gouvernement. Le ministère tchèque des Affaires Sociales et du Travail a demandé à des chercheurs SHARE de calibrer cette liste à la proportion de la population qui a besoin d'aide, stratifiée selon le revenu familial, l'hospitalisation, les activités et d'autres caractéristiques socio-économiques, afin de déterminer les niveaux de besoins basés sur des preuves scientifiques. Suite à cette collaboration fructueuse, le ministère a réalisé une demande spécifique au pays à SHARE d'estimer les effets d’une hypothétique pension supérieure qui récompenserait une sortie reportée de la population active. Ces résultats serviront de fondements factuels pour la prochaine étape de la réforme des retraites tchèque avec les nouvelles réglementations en matière de pensions et d'âge de la retraite.

  2. En France, le débat controversé sur l'âge de la retraite a été définitivement tranché par des arguments politiques. Toutefois, le débat a été animé par les résultats de SHARE. Deux domaines ont été particulièrement importants. Tout d'abord, l'idée d'adapter les conditions de travail après 50 ans gagne du terrain en tant que condition préalable à une retraite plus tardive. Deuxièmement, les liens détectés par SHARE entre la retraite anticipée et divers résultats négatifs, dont la santé déclinante, l’accroissement de l'isolement social, ou la capacité cognitive réduite, ont reçu beaucoup d'attention. En fait, la nouvelle législation française sur la retraite anticipée est beaucoup plus différenciée que ce qui est souvent affirmé. SHARE fournit la base empirique de cette différenciation.

  3. En Italie, la nouvelle ministre des Affaires Sociales, Elsa Fornero, a été chercheuse SHARE à l'Université de Turin, avant sa prise de fonction à Rome. Elle a utilisé divers éléments de preuve à l'appui de sa réforme des retraites à la fin de 2011, notamment à l'étalonnage de l’Italie vis-à-vis d'autres États membres de l'UE. Les données italiennes de SHARE sur la pauvreté des personnes âgées ont été utilisées dans la sauvegarde de la pension minimale italienne face aux coupures induites par les nouvelles règles d'indexation des prestations.

Pour plus d'information sur la recherche axée sur les politiques publiques au sein de l'Union Européenne, cliquez ici (en anglais).

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