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La dépression et ses conséquences pour le couple
Vivre avec un partenaire souffrant de dépression entraîne un risque important de détérioration de la qualité de vie.


(Octobre 2019) Les problèmes de santé mentale se rangent parmi les principales causes de mauvaise santé dans le monde, avec environ 450 millions de personnes souffrant de ces maladies. Les personnes les plus à risque de développer des problèmes de santé mentale sont surtout les personnes âgées. Face au vieillissement de la population, il s'agit d'un problème de santé publique de plus en plus préoccupant. Bien que le fardeau global de la santé mentale soit bien documenté, peu de recherches ont été menées sur les interrelations entre la santé mentale et le bien-être des conjoints. Ainsi, une équipe de recherche de l'Université de Cantabrie, en Espagne, a examiné l'effet d'entraînement potentiel de la dépression d'un partenaire sur la qualité de vie de l'autre partenaire et ses facteurs déterminants.

Les preuves d'une mauvaise santé mentale et d'une mauvaise qualité de vie dans SHARE

Afin d'évaluer l'impact de l'état de santé mentale d'un partenaire sur la qualité de vie individuelle, les auteurs de l'article (voir les références en bas de page) ont réalisé une analyse transversale pour un ensemble de pays inclus dans la vague 6 (2015) de l'Enquête sur la Santé, le Vieillissement et la Retraite en Europe (SHARE). L'échantillon comprend des données sur les personnes âgées de 50 ans et plus de 2004 à 2015. Les chercheurs se sont concentrés sur les couples mariés et les couples avec un partenariat enregistré, qui vivent ensemble, dans 17 pays européens et en Israël, s'appuyant ainsi sur les données de plus de 33700 personnes. Dans cet échantillon, 31 % des femmes et 29 % des hommes interrogés ont déclaré avoir une faible qualité de vie. Les facteurs explicatifs du bien-être individuel comprenaient les facteurs sociodémographiques (sexe, âge, niveau de scolarité, situation d'emploi, lieu de résidence) ainsi que la santé de l'individu et du partenaire.

Les personnes ayant un partenaire souffrant de dépression sont 51 % plus susceptibles d'avoir une mauvaise qualité de vie

Dans l'ensemble, les auteurs de l'article constatent que la santé mentale du conjoint a un lien important et significatif avec la qualité de vie individuelle et confirment donc les recherches antérieures sur l'interdépendance du bien-être du couple. Les personnes dont le partenaire a déclaré une mauvaise santé mentale courent un risque 51 % plus élevé de connaître elles-mêmes une mauvaise qualité de vie. En plus d'un effet indirect d'entraînement de la dépression sur le conjoint qui éprouve de l'empathie pour la personne atteinte, les auteurs suggèrent que vivre avec un conjoint en mauvaise santé mentale implique aussi moins de temps libre et plus de responsabilités en tant qu'aidant, ce qui peut entraîner du stress chez l'aidant et une diminution subséquente de la qualité de vie.

D'autres facteurs contribuant à une probabilité accrue de déclarer une faible qualité de vie sont la mauvaise santé autoévaluée, la vieillesse (risque le plus élevé dans la cohorte d'âge 80 ans et plus), le fait d'être une femme, d'être au chômage et de vivre dans un pays méditerranéen. La prévention contre une mauvaise qualité de vie passe par un niveau d'éducation plus élevé, la participation au marché du travail et le fait d'habiter dans une région rurale.

Les politiques doivent reconnaître la dimension sociale de la dépression

Bien que les défis immédiats des problèmes de santé mentale tels que l'impact négatif sur le bien-être individuel et la hausse des coûts des soins de santé soient largement reconnus, les effets indirects tels que l'impact de cette dépression dans la sphère privée ne reçoivent encore que peu d'attention. Compte tenu de leurs résultats, les chercheurs encouragent les politiques à reconnaître la dimension sociale du bien-être en général et de la santé mentale en particulier, ainsi que l'impact de la dépression sur le conjoint qui agit souvent aussi comme principal aidant familial. Par conséquent, les interventions futures devraient porter sur la réduction ou l'atténuation des problèmes de santé mentale et inclure un soutien social pour les personnes qui font face à la dépression dans leur foyer.

Étude réalisée par Marta Pascual Sáez, David Cantarero Prieto et Carla Blázquez Fernández (2019): Partner's Depression and Quality of Life among Older Europeans. The European Journal of Health Economics (20) 2019, 1093-1101.

URL: https://link.springer.com/article/10.1007/s10198-019-01081-y

Cet article a été traduit de l'anglais au français. Cliquez ICI pour le lire en version originale.

Photo : Adobe Stock / pressmaster